mercredi 21 juillet 2010

embrouillamini mimi

Ce qui est réjouissant avec Internet, c’est la découverte de toutes ces expressions individuelles, cette farfouille des singularités, ouverte aux quatre vents. Au détour d’un chemin, on tombe sur un blog qui surprend, certains donnent à rêver, et d’autres à penser. On se rend compte que finalement chacun tricote pas mal dans son coin, qu’on ne demande qu’à vivre un peu plus poétiquement que la télé le laisse à penser, que l'envie nous tarabuste de combiner ensemble des bobinettes pour qu’un jour, enfin, la chevillette cherra.

lundi 19 juillet 2010

le long de la route

Au début, c'est un alignement dont les têtes au bout des tiges droites se dressent fièrement vers le soleil, puis les voilà comme un peuple en débâcle, et on s'arrêterait volontiers pour en faire monter le plus possible dans la voiture. Venez, je vous donnerai un peu d'eau dans le creux de mes mains.

dimanche 18 juillet 2010

toc toc toc ?



L'ego est une construction fragile. Il n'est pas une identité que nous serions coupables d'avoir en nous, mais un mouvement de structuration inutile que chaque être humain tente, en vain, d'établir pour se rassurer.

Fabrice Midal : Et si de l'amour on ne savait rien ? Albin Michel.

vendredi 16 juillet 2010

sensation forte


















En 1993 fut créé à Angoulême un journal littéraire appelé Le paresseux.
Vingt-neuf numéros sont parus à ce jour.
On attend désespérement le trentième.

mardi 13 juillet 2010

été, saison des festivals

Se déroulait hier, entre Angoulême et Poitiers, la dernière étape du Festival International des Nuages, le Final de l'Itinérance Nébuleuse, bref, le fin du fin.



Ils s'étaient rassemblés
nombreux, du petit gris
au gros blanc, du compact
à l'effiloché, du voltigeur
de haute altitude à celui qui
rêve de frôler vos cheveux,
et l'herbe du pré.
Elle se fit drue pour les aider.

lundi 12 juillet 2010


... "les conditions d'une vie artistiquement créative sont si ardues, qu'on ne peut les comparer qu'aux devoirs d'un soldat en temps de guerre." Comme l'avait dit Kierkegaard, un artiste est "un soldat à la frontière", qui lutte jour et nuit "non contre les Tartares et les Scythes, mais contre les hordes sauvages d'une mélancolie essentielle."

Cité par Pietro Citati dans La mort du papillon : Zelda et Scott Fitzgerald, Gallimard Folio.

mercredi 7 juillet 2010

des nouvelles de Saturnin ?

Quand je me souviens de quoi mon enfance fut télévisuellement nourrie, à base de Nounours, Kiri le clown, Pépin la bulle, Le manège enchanté, Saturnin le canard..., puis plus tard Les Shadocks ou encore Téléchat, je ne suis pas étonnée de manquer d'agressivité. Zorro était le maximum de la violence à laquelle le petit écran me confontrait : un morceau de tissu déchiré à la pointe de l'épée. Pas une goutte de sang, le méchant était sauvé par la doublure de son caleçon. Zorro n'aurait-il pas néanmoins formé toute une génération à l'esprit incisif ? Et Saturnin, avec son allure de Fernand Raynaud, qu'est-il devenu ? Non, ne me dites pas que ...

dimanche 4 juillet 2010

vue sur quelques tourbillons

Dans un petit monastère zen perdu dans la montagne, quatre moines ont organisé un sesshin consacré au silence. Il fait froid, c'est l'hiver et la nuit tombe. Ils méditent tous les quatre dans la posture zazen :
— La bougie s'est éteinte, dit soudain l'un des moines.
— Tu ne dois pas parler ! C'est un sesshin de silence, fait observer sévèrement le second moine.
— Pourquoi parlez-vous tous les deux au lieu de vous taire, comme nous en avions convenu ! dit le troisième moine.
— Je suis le seul qui n'ai pas parlé ! s'écrie tout content de lui le quatrième moine.

"L'humour est la liberté du zen. Il secoue insolemment l'arbre à doctrines".

In : Humour zen, rassemblé par Henri Brunel. Calman-Lévy. Estampe de Utagawa Hiroshige (1797-1858) : vue des tourbillons de Naruto à Awa.