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mardi 11 février 2014





"Songe au caractère énigmatique du rêve. Pareille énigme n'a pas forcément de clef. Elle nous intrigue. C'est comme si nous nous trouvions face à un rébus. Pourquoi le rêve serait-il plus mystérieux que la table ? Pourquoi tous deux ne seraient-ils pas aussi mystérieux l'un que l'autre ?" [Ludwig Wittgenstein, cité par Anne Dufourmantelle dans Intelligence du rêve]

lundi 10 juin 2013

le mystère Naima

Un collègue de travail cherchant à partager les frais d'un professeur particulier de saxophone, c'est ainsi que je m'étais retrouvée à jouer de l'instrument dans une cave avec un petit groupe. Le musicien qui avait la patience de nous initier à son art nous confia qu'un jour, ayant entendu John Coltrane jouer Naima, il avait tout quitté pour suivre ces quelques notes de musique et devenir saxophoniste. J'avais été très impressionnée, et surprise quand il avait proposé aux pauvres néophytes que nous étions de jouer le morceau. Que nous le massacrions allègrement ne semblait entamer en rien sa magie. Nos fausses notes, curieusement, et notre application maladroite, semblaient autant d'hommages que Naima embrassait dans son mystère.





mardi 22 février 2011

yahoo ici yahoo

Quand je vais sur yahoo pour consulter ma messagerie, je regarde les titres des articles en page d'accueil. Je pense que ce sont en réalité des messages codés, comme pendant la Guerre, vous savez, sur Radio Londres. Je ne vois pas d’autre explication. Messages du jour : Michel Polnareff dévasté, il ne serait pas le père de son enfant / Tué pour avoir mâché trop fort / Le corps de la Loire identifié /Ce qu'il faut avoir dans sa cuisine. Je répète...

mardi 18 janvier 2011

une étrange coin-coincidence

Le jour même où Françoise m'envoyait par électronique quelques jolies clichés d'oiseaux qu'elle avait le loisir d'observer dans son jardin depuis sa cuisine, je trouvais déposées sur le rebord de ma fenêtre des photos de Françoise : devant l'évier faisant la vaisselle, assise à la table épluchant des légumes, fermant les volets (léger flou), buvant un bol de thé, grignotant une tartine, discutant avec d'autres personnes. Elles étaient toute prises depuis le jardin.

samedi 11 décembre 2010

Nagasaki, qui ?

Tiré d'un fait divers, Nagasaki relate l'histoire d'un homme qui subodore que quelqu'un vit à son insu dans son domicile. Shimura-san installe une caméra de surveillance et découvre qu'il s'agit d'une femme. Il appelle alors la police...
En mon absence, il semblerait que des personnes viennent passer un moment ici. Sachez qu'il n'y a pas de caméra de surveillance, malgré la grande envie que j'aurais de vous y voir. Servez-vous largement dans le frigo, et piquez un roupillon si cela vous tente. En opérant ce parallèle, la fin de Nagasaki n'est pas sans s'avérer troublante. Nous apprenons en effet que la maison de Shimura-san se trouve être la maison d'enfance de cette femme jetée à la rue. Habiter un espace virtuel, n'est-ce pas tenter de revenir avant même la naissance, avant que nous ne fussions jetés à la rue ?

samedi 18 septembre 2010

bleu, blanc, noir

L'argile est employé à façonner des vases
Mais c'est du vide interne que dépend leur usage.

Il n'est chambre où ne soient percées portes et fenêtres,

Car c'est le vide encore qui permet l'habitat.

L'être a des aptitudes que le non-être emploie.
Dao de Jing, XI

Ce petit bout de texte m'a rappelé un article aperçu récemment dans une revue scientifique, avançant l'hypothèse que les trous noirs seraient à l'origine de la formation des galaxies, donc des étoiles, donc de nous-mêmes. J'avais mis l'article de côté, pour le lire un jour prochain, mais je ne remets pas la main dessus. Il réapparaîtra bien à un moment, comme mystérieusement ressorti d'un trou.

lundi 6 septembre 2010

petite fraîcheur sur les épaules

"Oui, je le sais, nous ne sommes que de vaines formes de la matière — mais bien sublimes pour avoir inventé Dieu et notre âme. Si sublime, mon ami ! que je veux me donner le spectacle de la matière ayant conscience d'elle, et cependant s'élançant forcenément dans le Rêve qu'elle sait n'être pas, chantant l'Âme et toutes les divines impressions pareilles qui se sont amassées en nous depuis les premiers âges, et proclamant, devant le Rien qui est la vérité, ces glorieux mensonges !". Stéphane Mallarmé, Correspondance, 28 avril 1866.

dimanche 4 avril 2010

mystérieux cahier de Bizerte, 1943-1944

Trouvé dans une brocante du côté d'Angoulême, un cahier à la couverture rouge passé, avec Bizerte écrit dessus. La première page indique qu'il s'agit du cahier III. Il contient le journal personnel d'une jeune femme, rédigé d'une jolie écriture entre le 30 juin 1943 et le 16 août 1944 du côté de Ferryville, une ville de Tunisie aujourd'hui nommée Menzel-Bourguiba. Outre les éléments de la vie quotidienne, des états d'âme et de coeur, il comprend quelques dessins, des poèmes, et des messages codés. Une petite grille en métal doit pouvoir permettre de déchiffrer ces derniers, mais n'est pas agent secret qui veut. J'ai envie de me lancer à la recherche de cette mystérieuse mademoiselle Seiller...

lundi 15 février 2010

dans le sens du vent

Le vent est un mouvement de l’atmosphère. Ces mouvements de masses d’air sont provoqués par deux phénomènes se produisant simultanément : un réchauffement inégalement réparti de la surface de la planète par l’énergie solaire et la rotation de la planète.
Né à l'inhumaine échelle des immensités atmosphériques, le vent vient en passant à la surface de la terre envelopper et décoiffer la promeneuse dans le champ fleuri. Nous aimons quand il caresse notre joue, sèche le linge sur la terrasse sans inquiéter le chat, fait pirouetter les feuilles mortes à nos pieds, ou encore onduler les blés mûrs en une vague qui se perd à l'horizon.

mercredi 20 janvier 2010

un exploit passé sous silence

En 1900, il se vendait encore à Paris 6000 cannes par jour. S'est-on seulement rendu compte du moment crucial où l'homme a réussi à marcher sur ses deux jambes sans l'aide de ce stabilisateur ? Le sexe fort aurait-il, au cours du XXe siècle, opéré une révolution discrète mais d’importance capitale, en larguant la troisième roue de son vélocipède ? La société n'est-elle pas entrée dans un âge dangereusement adulte ? La terre tourne-t-elle moins vite qu’elle ne fasse plus vaciller ses mâles arpenteurs ? La femme, c'est curieux, pourtant longtemps appelée sexe faible, ne semble jamais eu avoir besoin de s'appuyer sur cet accessoire sécurisant pour avancer. Un mystérieux pouvoir qui lui laissait les mains libres pour accueillir dans ses bras les moins assurés de ces adorables bipèdes.

jeudi 7 janvier 2010

sans les étoiles, pas d'humains

Il existe une généalogie directe entre le ciel et nous, un lien réellement matériel et consanguin entre les étoiles et les humains, cela est scientifiquement prouvé maintenant. Les enfants et les artistes savent d'instinct que les étoiles sont leur mère : ainsi parle Michel Cassé, scientifique astrophysicien ; je l'ai entendu à la radio qui a porté sa voix jusqu'à mon oreille tandis que lui, peut-être pendant ce temps-là, ne parlait pas.
La chanteuse Lhasa, qui vient de disparaître, disait : mes chansons sont mes étoiles dans la nuit. En voici une, belle et passionnée : El desertio.

samedi 26 décembre 2009

les journées toujours de 24 heures

Voici venu le temps non pas des rires et des chants mais de l'analyse du sondage réalisé sur ce blog du 10 au 16 décembre : Êtes-vous pour ou contre la journée toujours de 24 heures ? Relevons d'abord le fort taux d'abstention. Il semblerait qu'un certain nombre se soit dit À quoi bon, de toute façon ça ne changera rien, même si on est contre. Erreur ! Ce n'est pas parce que ça se présente comme une vérité scientifique, avec chiffre à l'appui, qu'on ne peut rien changer. Ne me demandez point davantage d'explication, faites moi seulement confiance. 85 % des votants sont en effet contre, j'imagine qu'ils préfèreraient des journées à durée variable, certaines de deux heures d'autres de 33 heures. Il serait intéressant de ne pas être prévenus à l'avance, ce serait chaque jour la surprise. Autrement excitant, non ? Des journées à temps aléatoire, le soleil passant en coup de vent ou s'attardant indéfiniment ; les aiguilles des montres et horloges tournant à toute vitesse ou à toute lenteur. Vous vous rendez compte à quel point tout est hyper organisé, régulier, tempéré ? Vous ne trouvez pas cela d'un calme inquiétant ?

mardi 20 octobre 2009

deux questions cruciales d'un jour de pluie

Pourquoi et comment mes parapluies disparaissent-ils à une vitesse supersonique ?
Comment se fait-il que les vers de terre se laissent soi-disant berner par le vanneau huppé qui imite, mais si mal, le bruit de la pluie ? Ecoutez : j'ai capturé le bruit de la pluie. Il me semble que si j'étais un ver de terre, même pas très futé, je ferais la différence entre le machiavélique artifice du vanneau huppé et l'innocent bruit de la pluie. Enfin, quand on perd si facilement ses parapluies, on ferait bien de rabattre un peu son caquet.