Quelques jours après avoir évoqué comment, petite, je tentai d'obtenir avec mon pied de je ne sais quelle puissance céleste un piano, je découvris dans Mes dernières années d'Osamu Dazai cette autre méthode de réalisation de souhait : "Mon père était un personnage extrêmement occupé, il était très peu à la maison. Et même quand il y était, il ne consacrait pas de temps à ses enfants. J'avais peur de lui. J'avais eu envie d'un stylo, et je n'osai pas le lui demander. Je ressassai longuement ce problème. Finalement, un soir, couché dans mon lit, les yeux clos, je fis semblant de parler en dormant : "Stylo, stylo", appelai-je faiblement, en direction de la pièce voisine où mon père et des invités discutaient. Mais, bien entendu, mes efforts ne semblèrent atteindre ni les oreilles ni le coeur de mon père."
Osamu Dazai
