*
Lorsque j'ai tourné la tête pour regarder le paysage, j'ai tout de suite pensé : chocolat/pistache : une glace à deux parfums. Puis je me suis dit qu'on pourrait aussi bien demander une glace terre/gazon. Ce n'est vraiment qu'une question de mots.
------------------------ un jour en haut, un jour en bas, le reste du temps au milieu -----------------------
Une de mes sources inépuisable d'étonnement est l'alternance du jour et de la nuit. J'en suis plus étonnée la nuit que le jour, car le jour je vaque à tant d'occupations que je ne vois même pas le jour qui me permet pourtant de faire toutes ces sortes de choses fort occupantes. La nuit veille sur mon repos, elle rend l'inquiétude lumineuse, et chuchote le secret d'un vertige. La terre et ma tête me tournent.
C'était facile pour nous à l'époque d'aller de la terre au ciel, de placer nos petits pieds dans les cases, dans la logique rassurante des chiffres. De la terre au ciel, un seul chemin possible, on n'aurait pas osé en inventer d'autres, même pas remplacer les chiffres par des lettres, ou des fleurs, ou des têtes à Toto... On n'osait pas non plus penser au 8 qui, couché, ouvrait la porte de l'infini. Je ne me souviens plus des règles exactes de la marelle, mais bien des sensations physiques : équilibre sur un pied, assurance sur les deux, une impression de légèreté à pouvoir toucher les nuages, puis tout aussitôt celle de peser quinze tonnes à s'enfoncer dans le goudron. Au ciel, on était content d'arriver, mais on y était décidemment trop seul. Regagner la terre, c'était retrouver toute la bande et se sentir juste un peu fier d'avoir réussi à parcourir tout ce chemin, fut-ce en clopinant.