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vendredi 22 mars 2013

pistache terre ou chocolat gazon









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Lorsque j'ai tourné la tête pour regarder le paysage, j'ai tout de suite pensé : chocolat/pistache : une glace à deux parfums. Puis je me suis dit qu'on pourrait aussi bien demander une glace terre/gazon. Ce n'est vraiment qu'une question de mots.



vendredi 17 février 2012

jour et nuit

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Une de mes sources inépuisable d'étonnement est l'alternance du jour et de la nuit. J'en suis plus étonnée la nuit que le jour, car le jour je vaque à tant d'occupations que je ne vois même pas le jour qui me permet pourtant de faire toutes ces sortes de choses fort occupantes. La nuit veille sur mon repos, elle rend l'inquiétude lumineuse, et chuchote le secret d'un vertige. La terre et ma tête me tournent.

mercredi 18 mai 2011

silence, on tourne

Les humains sont épatants. Je ne me moque pas, au contraire, je le dis avec beaucoup de tendresse. Ils font tout le temps des trucs insensés, dans tous les coins de la planète et à chaque instant. Le soleil braque son projecteur, en ayant soin de ne rien oublier dans la mise en lumière, pas une seule fourmi, pas un seul brin d'herbe. Silence, on tourne, dit la terre. Les humains, regrette-t-elle, en font juste toujours un peu trop, et n'en démordent pas. Seulement, quand les lumières sont éteintes, dans le secret de la nuit, l'homme, le cœur blessé, serre ses petits poings, et dit résolument : je ferai mieux demain.

mercredi 29 décembre 2010

chemin faisant, tête baissée

Sous mes pieds, le revêtement : d’abord des pavés (vieille ville), puis du macadam (rue), des pierres descellées (escalier), du goudron anthracite (avenue), des dalles grèges (terrasse), du métal rouge (escalier), les zébras du passage protégé, des lattes de bois (passerelle), des carreaux blancs non identifiés (parvis). La surface est humide ce matin, parfois givrée. Sous tout cela, de la terre, de la bonne terre meuble, incandescente en son noyau.

lundi 19 octobre 2009

de la terre au ciel, aller et retour

C'était facile pour nous à l'époque d'aller de la terre au ciel, de placer nos petits pieds dans les cases, dans la logique rassurante des chiffres. De la terre au ciel, un seul chemin possible, on n'aurait pas osé en inventer d'autres, même pas remplacer les chiffres par des lettres, ou des fleurs, ou des têtes à Toto... On n'osait pas non plus penser au 8 qui, couché, ouvrait la porte de l'infini. Je ne me souviens plus des règles exactes de la marelle, mais bien des sensations physiques : équilibre sur un pied, assurance sur les deux, une impression de légèreté à pouvoir toucher les nuages, puis tout aussitôt celle de peser quinze tonnes à s'enfoncer dans le goudron. Au ciel, on était content d'arriver, mais on y était décidemment trop seul. Regagner la terre, c'était retrouver toute la bande et se sentir juste un peu fier d'avoir réussi à parcourir tout ce chemin, fut-ce en clopinant.