vendredi 5 février 2016

complet mystère de la langue

je suis fugitivement aimante du mot chouchou et chouchou me rend fugitivement aimante de tout ce qu'il touche. Des cygnes passent dans le ciel : chouchous. Un lampadaire qui s'allume dans la nuit bleue : chouchou. Un vieil homme entre dans le magasin : chouchou. Est-ce le mot qui fait naître la tendresse ou la tendresse le mot ? Les deux mon capitaine ! Capitaine chouchou.



dimanche 17 janvier 2016

la parole à...


Antoinette, goutte de lait dans la casserole d'Henri A., boulevard du Général de Gaulle à Caen : "Chaud, froid, froid, chaud : depuis que je suis apparue sur cette terre, je passe mon temps à chauffer et à refroidir. Qui me fait tourner en bourrique ? Au tout début était pourtant la douce tiédeur de la mamelle, dont je fus privée pour entrer dans un circuit. Et que je te passe dans des pompes et des tuyaux, traitée et retraitée, finalement enfermée dans un truc sans vie, je souhaite à personne. La légende dit qu'un jour je serai à nouveau dans la douce tiédeur d'un corps vivant. Vivement."


mardi 12 janvier 2016

une certaine femme, un certain silence

*
"Lorsque la nuit fut venue, le même gong qu'il avait déjà entendu en montant vers la gompa sonna par trois fois, puis ce fut de nouveau le silence, un silence plus silencieux que tous ceux qu'il avait connus au cours de ses voyages à travers les solitudes, un silence qui s'imposait avec une force irrésistible et éteignait jusqu'au bruit, non perçu par les humains ordinaires, que produit la pensée".

[Alexandra David-Néel : Le lama aux cinq sagesses. Plon, 1929] 

En portait, Alexandra à 18 ans. 

Comment part-on un beau matin à ce point vers l'aventure ?

lundi 28 décembre 2015




quelle douce faiblesse

quel joli sentiment

ce besoin de tendresse

qui nous vient en naissant

vraiment, vraiment






vendredi 4 décembre 2015

au fond

Qu’est-ce que les choses ? les choses sont juste uniquement et simplement l’amour, disséminé en des myriades d'insignifiantes ou signifiantes apparitions.




tableau de Cézanne

mercredi 11 novembre 2015

au fond de moi

Au fond de moi : j'ai longtemps cru qu'il y avait une sorte de réceptacle dans lequel s'accumulaient un certain nombre de choses. Or, ce matin, il m'apparaît qu'il n'y a pas de fond au fond de moi, les choses tombent. Ou peut-être que plutôt elles tournent, elles vont au fond d'autres gens, au fond des arbres, au fond des fleurs, au fond des grenouilles tout autant qu'au fond des ministres.


tableau de Monet

mardi 1 septembre 2015

repos du dimanche

"Le dimanche, pour ceux qui travaillent, c'est un jour en dehors du temps. On se sent un autre homme. On a un grand vide heureux dans la tête, qui semble dire à tous : entrez. On ne fait plus d'effort, on laisse venir. On laisse ses bras pendre comme ils veulent ; vos jambes vous portent sans qu'on sache trop où ; et vos yeux, eh bien, vous les maintenez dans la bonne ligne, c'est-à-dire droits devant vous, et il vous passe dans le regard des choses." Ramuz : vie de Samuel Belet. Gallimard, 1944.



jeudi 30 juillet 2015

énigmatiques notes

Parfois j'ouvre un vieux carnet et je relis des notes jetées à la volée. Je ne me souviens plus ce que je pensais pouvoir écrire à l'aide de ces quelques mots. Mais je sens qu'il y avait un bel enthousiasme, un élan certain vers un texte.

Ainsi, dans celui que j'ouvris ce matin :

Recouverte
la petite poule
ciel gris de pluie
terre recouverte
(rêve de la poule)




mardi 16 juin 2015

s'apercevoir


Le bonheur consiste à s'apercevoir que tout est un grand rêve étrange.

Jack Kerouac : Le vagabond solitaire . Gallimard,1969.




- aéroport de Venise, juin 2015 -


samedi 14 février 2015

sous nos yeux




Les aspects des choses les plus importants pour nous sont cachés en vertu de leur simplicité et de leur familiarité. (Nous sommes incapables de remarquer ce qui est toujours sous nos yeux). L'homme n'est nullement frappé par les fondements réels de sa recherche. 
[Wittgenstein, cité par Jon Kabat-Zin in L'éveil des sens. Les Arènes, 2014]