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samedi 24 mai 2014

page 26, vous écrivez...




L'auteur attendit avec une légère appréhension la suite de la phrase prononcée par l'animateur de la rencontre. Que pouvait-il y avoir écrit sur cette fameuse page 26 qui put ainsi soulever débat sur la place publique ? Cette page 26, l'auteur ne la connaissait pas. Jamais il n'avait écrit dans une page 26 ! D'ailleurs il avait horreur des pages 26. C'était assurément un coup de l'éditeur, qui restait bien caché dans son bureau parisien et à l'heure qu'il est riait sous cape. L'auteur, lui, avait écrit des phrases les unes à la suite des autres, sur des feuilles libres, des mots sans numéro d'identité. Que ces phrases allassent par la suite se nicher dans des pages numérotées était indépendant de sa volonté, il n'y était pour rien. Il avait envie de crier : "Cette page 26, je n'y suis jamais allé !" Mais il se tut, jeta un coup d'oeil vers le public qui attendait lui aussi de savoir ce qui était écrit sur cette fameuse page 26. Le coeur lui battait. [source photo]



lundi 22 octobre 2012

La parole à...


...Lucie, page deux-cent-quatre-vingt-six de La nuit privée d'étoiles de Thomas Merton:

« Quelle ne fut pas ma surprise, dimanche dernier, de voir la lumière du jour ! Ce fut d'abord comme une aube pâle qui perçait les pages me précédant... puis la lumière a grandi à en devenir éblouissante, et j'ai senti soudain qu'on me soulevait, ah quelle grâce me fut donnée ! Durant quelques minutes je pus contempler le monde, une figure m'apparut : elle me regardait avec attention et bienveillance. Je sentis respirer chaque lettre en moi, palpiter chaque mot sur ma peau... puis tout se voila, je glissai progressivement dans l'ombre, je sus que mon temps était révolu, j'allais demeurer — un bon moment ou pour l'éternité —à nouveau immobile dans l'obscurité »

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dimanche 16 septembre 2012

deux moments de lecture



voici deux livres achetés ce jour dans une brocante
les deux me mettent tout autant en joie, à leur manière...



mardi 6 septembre 2011

voyez voir ces bijoux



"De la même façon, ma fenêtre propose un programme changeant d'images haute définition en couleurs, sans branchement, ni batterie et sans obligation d'abonnement. J'ai suivi toutes les saisons d'un programme proche de ma réalité quotidienne sans problème de traduction ni sous-titrage, toujours adapté à mon humeur. Les programmes sont accessibles à n'importe quelle heure de la journée ou de la nuit même, grâce à un système ingénieux de veilleuses appelées étoiles ou lampadaires, il se passe toujours quelque chose. Enfin, pour que ce bijou de technologie n'empiète pas sur la vie de la famille ou du couple, il est possible d'en occulter l'écran au moyen d'un volet. Parce que nous situons l'humain au centre de nos recherches, nous avons créé Window. La vie s'invente à chaque instant. Une assurance garantit notre produit jusqu'au jour où vous déciderez de fermer les yeux. Votre liberté, c'est notre luxe ! disait la pub. Je n'ai pas hésité, j'ai une fenêtre dans chacune de mes pièces. Il paraît qu'à certaines époques on était imposé pour cela, profitons-en, ce n'est plus le cas." Laurent Bouexiere

lundi 31 janvier 2011

espèces d'espaces, de G., avec bémol couleur

"L'espace de notre vie n'est ni continu, ni infini, ni homogène, ni isotrope [du moins pour ce que nous pouvons en percevoir, quels que soient nos moyens -NDLR]. Mais sait-on précisément où il se brise, où il se courbe, où il se déconnecte et où il se rassemble ? On sent confusément des fissures, des hiatus, des points de friction, on a parfois la vague impression que ça se coince quelque part, ou que ça éclate, ou que ça cogne. Nous cherchons rarement à en savoir davantage et le plus souvent nous passons d'un endroit à l'autre, d'un espace à l'autre sans songer à mesurer, à prendre en compte ces laps d'espace. Le problème n'est pas d'inventer l'espace, encore moins de le ré-inventer (trop de gens bien intentionnés sont là aujourd'hui pour penser notre environnement...) mais de l'interroger, ou, plus simplement encore, de le lire ; car ce que nous appelons quotidienneté n'est pas évidence mais opacité : une forme de cécité, une manière d'anesthésie. " ... ou d'engourdissement. [Espèces d'espaces, de Georges Perec. - Galilée 1974]




"Les choses n'existent pas, les choses
sont.
En fait, il serait peut-être dharmiquement correct de dire : les choses
est. Ce n'est peut-être pas très grammatical, mais les choses est. C'est l'énorme clarté de la non-existence."

lundi 27 septembre 2010

mon gros doudou

Je me suis rendu compte ce matin en cheminant qu'il me fallait avoir toujours avec moi un livre. Il se blottit au fond de mon sac, je le sais m'accompagner, au cas où. Au cas où quoi ? Son histoire est en cours, qu'il infuse et diffuse à travers mon sac. Il est là pour moi, je suis là pour lui. Cela m'a évoqué les doudous des enfants. Celui qui me rassure en ce moment est un pavé à la couverture grise, plein de philosophie et de sagesse : mon gros doudou à moi.
Photo Patrick Martinez

mardi 1 décembre 2009

chemin vénal qui se perd dans la forêt

Vous avez aimé le blog ? Vous aimerez le livre ! Vous avez aimé le livre ? Vous aimerez le film adapté d'une des nouvelles du recueil ! Vous avez aimé le film ? Vous aimerez vous promener en forêt avec juste un marron dans la poche ! Vous aimez vous promener en forêt avec juste un marron dans la poche ? Cela suffit : un marron fraîchement recueilli et tout brillant remplace avantageusement blog, livre et film. Quelques temps.

mercredi 25 novembre 2009

couverture absente des animaux en chaussettes

Je ne retrouve plus ce livre dans ma bibliothèque qui explique comme fabriquer des animaux avec des chaussettes en fin de vie. La couverture est formidable : ce sont deux chaussettes transformées, si ma mémoire est bonne, en cheval et en vache, ou un truc du genre. À la vue de cette couverture, je ne sais pas pourquoi, tout le poids du monde s'évanouit. Peut-être que ça me rassure de voir que les hommes sont aussi capables d'inventer des choses comme ça, et d'en faire un livre, que d'autres gens vont acheter. Moralité : il suffit parfois de peu de choses pour transformer un cafard en vieille chaussette. Je suis sûre que vous brûlez d'envie maintenant de voir cette couverture de livre... Je vais chercher.