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jeudi 12 mai 2016

Oh merci !


Le chat a disparu, quelques heures, et cela a suffi à affoler sa maîtresse, car c'était l’heure du thon, celle de la gourmandise savourée à la tombée de la nuit, le rendez-vous jamais manqué ! Or point de Mimmo. Les heures passent, la nuit s’épaissit. Elle fume sur le canapé en consumant de noires idées, et soudain ce bruit dans l'obscurité... le museau rose, et tout le chat noir et blanc arrive en trottinant, bien vivant. Oh merci ! 
A qui dire merci ? De bon matin, elle pense allumer une bougie dans l’église de la rue pavée : il y a là des statues qui veillent et se réchauffent à leurs petites flammes, mais voilà, la porte de l’édifice est fermée — on est prié de ne pas prier si tôt —, elle poursuit sa route avec sa gratitude sous le bras. Comment remercier ? 
Un rouge-gorge la précède et ouvre son chemin. Elle le suit des yeux qui disparaît dans la haute frondaison d’un platane quand soudain, qui la fait sursauter, une voix retentit juste à côté : — Pardon madame…  Elle se retourne, et se présente un homme qui manifestement, au vu de ses vêtements mal en point, est dans la panade. — Vous n’auriez pas quelques centimes pour moi ? De belles pièce brillaient dans son porte-monnaie, qu'elle lui donna sans hésiter. Ainsi la gratitude partagée fut moins lourde à porter.


jeudi 26 septembre 2013

vent, dit le chat


Le mien compagnon me raconte qu'il a rêvé que le chat de la maison, un peu ébouriffé, parvenait à prononcer le mot : vent.
Le chat lui disait : - "Vent".
A ce propos, un entretien avec Anne Dufourmantelle vient d'être publié sur le site de l'Inrees, au sujet de l'intelligence des rêves.

"Il faut prendre soin de ce qui, en nous, est capable de rêve. "

mardi 6 mars 2012

vers six heures du matin



Vers six heures du matin, elle commence la java, elle appelle, rôde en roucoulant autour du lit, soudain saute, me marche dessus, se pose sur la table de nuit et joue avec tout ce qui peut faire du bruit, jusqu'à ce que je me lève. Ne croyez pas que c'est l'appel du ventre, non, il reste encore beaucoup de croquettes dans le bol. Viens, me dit-elle, nous allons commencer la journée ensemble.


jeudi 15 septembre 2011

les cadeaux de mademoiselle Bertillot

Chaque matin, je trouve au beau milieu du salon : un cadeau. C'est elle. Il y eut la série chauve-souris, et ce matin... une grosse guêpe. Quand la chasse nocturne s'avère infructueuse, je trouve alors une plume de pigeon, qui manifeste qu'on n'a pas oublié, mais que... L'autre jour, une demi-coquille de noix, servie au lit. L'époque approche des migrations d'oiseaux, lesquels passent chaque saison juste au-dessus de la maison. J'espère que miss Bertillot saura se montrer raisonnable. Car elle a, comme moi, un poisson derrière la tête... hum, je me demande si c'est bon signe.

mardi 8 février 2011

un matin au bord de la mer

Les chats aussi s'intéressent aux étoiles , et pourquoi non ?
Ils les voient même de jour, na na nère !

samedi 15 janvier 2011

mon écharpe verte au chat

Tricoter une écharpe était un projet d’avant le chat. Frotter deux aiguilles l’une contre l’autre, c’est allumer le feu, enclencher une folie électrique, donner le signal de l’attaque. La pelote : objet de toutes les convoitises, on la dirait faite pour être dépelotée. Et le fil de laine qui maille l'ouvrage, je sais qu’il se trémousse exprès pour se faire mordiller. Il y a, c'est certain, une très grande complicité entre ces deux-là, dont je me sens exclue à rester dans mon objectif très sérieux de finir cette écharpe avant la fin de l’hiver. [en photo : Soja Bichette-Lolotte]

vendredi 27 août 2010

beauté de la langue

La langue est un organe invraisemblable. Bien à l'abri dans son palais, elle se déplace sans qu'autour on ne s'en doute. Je l'autorise à sortir un peu, du bout des lèvres, mais pas question de lui lâcher la bride, surtout quand le chat n'est pas loin. Elle tourne souvent en rond dans sa cachette, se colle au plafond, caresse l'ivoire des dents, s'alanguit, puis soudain, servante de grande habileté, elle s'agite rapidement pour aider à transmettre toutes mes paroles, comme si c'étaient paroles d'évangile. Parfois, elle doit simultanément réceptionner et traiter sans tarder des petits gâteaux. Je me demande si je l'ai suffisamment remerciée pour tout ce qu'elle fait pour moi dans l'ombre, fidèle, silencieuse et modeste.

lundi 8 février 2010

journée d'hiver sans poissons dans les arbres

Ce jour là, rien à l’extérieur ne donnait envie d’y glisser l’ombre du bout d’une patte. Pas plus d’oiseaux dans le ciel que de poissons dans les arbres, un vent qui vous prenait à rebrousse poil et tentait de s’infiltrer sournoisement sous la porte, des souris en état d’hibernation et du coup pas très joueuses, non vraiment, il était clair qu’il vaudrait mieux rester allongé sur le canapé, bien emmitouflé dans son manteau de fourrure. Est-ce que quelqu’un aurait seulement la gentillesse de mettre un peu de Chopin, ballades ou nocturnes, mais pas Polonaises ?