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lundi 31 janvier 2011

espèces d'espaces, de G., avec bémol couleur

"L'espace de notre vie n'est ni continu, ni infini, ni homogène, ni isotrope [du moins pour ce que nous pouvons en percevoir, quels que soient nos moyens -NDLR]. Mais sait-on précisément où il se brise, où il se courbe, où il se déconnecte et où il se rassemble ? On sent confusément des fissures, des hiatus, des points de friction, on a parfois la vague impression que ça se coince quelque part, ou que ça éclate, ou que ça cogne. Nous cherchons rarement à en savoir davantage et le plus souvent nous passons d'un endroit à l'autre, d'un espace à l'autre sans songer à mesurer, à prendre en compte ces laps d'espace. Le problème n'est pas d'inventer l'espace, encore moins de le ré-inventer (trop de gens bien intentionnés sont là aujourd'hui pour penser notre environnement...) mais de l'interroger, ou, plus simplement encore, de le lire ; car ce que nous appelons quotidienneté n'est pas évidence mais opacité : une forme de cécité, une manière d'anesthésie. " ... ou d'engourdissement. [Espèces d'espaces, de Georges Perec. - Galilée 1974]




"Les choses n'existent pas, les choses
sont.
En fait, il serait peut-être dharmiquement correct de dire : les choses
est. Ce n'est peut-être pas très grammatical, mais les choses est. C'est l'énorme clarté de la non-existence."

dimanche 9 janvier 2011

café, crêpes, oeufs, bacon

"Il y a du symbolisme dès le matin au réveil quand on se sent sale et qu'on voudrait se laver, quand on se sent tout frais au sortir de la douche, quand on a faim, et qu'on prend le petit déjeuner — bacon, oeufs au miroir, pain grillé, confiture et peut-être une gaufre ou des crèpes — et quand on est prêt à faire face au monde après ce petit déjeuner arrosé d'un bon café. Tout cela c'est du symbolisme. L'idée du café, et même le mot café a quelque chose de provocateur. C'est un mantra. Crêpes, oeufs, bacon. Tout cela est d'une extrême puissance, très poétique, même si on ne cherche surtout pas à se prendre pour des poètes. Tout ce qui passe dans la vie d'un être humain est relié à un certain symbolisme. Notre quotidien pourrait être rempli de ce type d'affirmation, mais nous n'y voyons que du banal." [Chögyam Trungpa]