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dimanche 29 septembre 2013

les inexplicables

J'ai entendu cette chanson pour la première fois dans sa version chinoise, diffusée dans un grand magasin de Shangaï ou Pékin, je ne me souviens plus exactement. Le refrain donnait quelque chose comme : Nanitsi, Nanitsi, brother Louis Louis... J'ai tout de suite beaucoup aimé cette chanson. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en ai aucune idée.




dimanche 16 décembre 2012

dimanche 29 janvier 2012

il assemble son pied gauche

Être humain offre de très nombreuses possibilités, c'est fantastique, mais quel boulot ! C'est super compliqué, mais on ne le dit pas très souvent, on fait comme si c'était évident. Bonjour, ça va ? Oui oui, ça va, je suis un être humain et ça ne me pose pas de problème, ça roule Raoul. Notez qu'on n'est pas obligé d'apprendre la salsa, ni le tango, ni le rock and roll, ni la valse viennoise... mais cela fait partie des possibles, la vertigineuse liste des possibles, qui peut nous hanter si nous ne savons pas écouter ce qui, au fond, nous appelle véritablement.




jeudi 1 septembre 2011



Printemps, été, automne, hiver
chorégraphie de Pina Bausch, extrait de Pina par Wim Wenders

mercredi 18 mai 2011

silence, on tourne

Les humains sont épatants. Je ne me moque pas, au contraire, je le dis avec beaucoup de tendresse. Ils font tout le temps des trucs insensés, dans tous les coins de la planète et à chaque instant. Le soleil braque son projecteur, en ayant soin de ne rien oublier dans la mise en lumière, pas une seule fourmi, pas un seul brin d'herbe. Silence, on tourne, dit la terre. Les humains, regrette-t-elle, en font juste toujours un peu trop, et n'en démordent pas. Seulement, quand les lumières sont éteintes, dans le secret de la nuit, l'homme, le cœur blessé, serre ses petits poings, et dit résolument : je ferai mieux demain.

lundi 21 février 2011

1,3 kilos environ

Je viens de me rendre compte que c'est au sein de cette masse molle pas très jolie jolie que s'élaborent et circulent nos pensées... Je voyais pour ma part plutôt un vaste de champ de blé, même si je sais pertinemment qu'un champ de blé ne tient pas dans une tête.

mardi 7 décembre 2010

quelque chose bouge dans la cour

Des jeunes gens de ma connaissance ont acheté deux magnifiques poules de Barbezieux, avec l’idée de se fournir en bons œufs frais. Ils construisirent dans le jardin de la maison un petit poulailler et regardèrent avec amour les deux gallinacées passer dans leur champ… de vision. Las, leur maison se situe au cœur d’une ville, et les voisins n’apprécient pas du tout que les belles viennent leur rendre parfois visite. Hier, les voisins courroucés sont venus sonner à la porte des jeunes gens : « Il est interdit d’avoir des poules en ville ! », menacèrent-ils.

Dans l’émission Les pieds sur terre (France Culture, 6 décembre 2010) intitulée Histoires de clochers, j’ai entendu qu’un citadin installé à la campagne se plaignait d’entendre les moutons respirer. Un paysan qui s’était fait voler trois poules déclarait : «C’est dommage, ça faisait quelque chose qui bouge dans la cour.». J'ai parfois vraiment peur que l'homme oublie ce que c'est qu'être vivant.

mardi 23 novembre 2010

des chiffres et des hommes

Il existe un site qui pourrait s'appeler letournis.com mais qui répond au très sérieux nom (car nous vivons dans un monde très sérieux, ne l'oublions pas) de worldometers. Il diffuse des statistiques mondiales en temps réel. Il me semble très incomplet. Je vous propose de m'aider à répertorier quelques données importantes : nombre de dents transformées en cadeaux par la petite souris, nombre de larmes versées, nombre de pots cassés à payer, nombre de blagues inventées, nombre de Je t'aime murmurés... Je vous invite à y réfléchir (nombre de neurones grillés). (photo trouvée là)

mardi 7 septembre 2010




"Quel est ce moi
dont je m'occupe ?
Un assemblage
informe de parties inconnues"
.

Et parfois invité
chez les Durand.


Beaumarchais
Composition "Arcimboldo"
de Bernard Pras.

vendredi 30 juillet 2010

poussières d'étoiles sur la piste

Nous, humains, fils des étoiles,
si invraisemblables, si émouvants.



La voltige des frères Tonitos
a encore plus d'allure sans la musique !

dimanche 18 juillet 2010

toc toc toc ?



L'ego est une construction fragile. Il n'est pas une identité que nous serions coupables d'avoir en nous, mais un mouvement de structuration inutile que chaque être humain tente, en vain, d'établir pour se rassurer.

Fabrice Midal : Et si de l'amour on ne savait rien ? Albin Michel.

dimanche 4 juillet 2010

vue sur quelques tourbillons

Dans un petit monastère zen perdu dans la montagne, quatre moines ont organisé un sesshin consacré au silence. Il fait froid, c'est l'hiver et la nuit tombe. Ils méditent tous les quatre dans la posture zazen :
— La bougie s'est éteinte, dit soudain l'un des moines.
— Tu ne dois pas parler ! C'est un sesshin de silence, fait observer sévèrement le second moine.
— Pourquoi parlez-vous tous les deux au lieu de vous taire, comme nous en avions convenu ! dit le troisième moine.
— Je suis le seul qui n'ai pas parlé ! s'écrie tout content de lui le quatrième moine.

"L'humour est la liberté du zen. Il secoue insolemment l'arbre à doctrines".

In : Humour zen, rassemblé par Henri Brunel. Calman-Lévy. Estampe de Utagawa Hiroshige (1797-1858) : vue des tourbillons de Naruto à Awa.

samedi 26 juin 2010

invitation chez les Durand

Je me demande si les Durand se sont bien rendu compte, en m'invitant à dîner, que j'allais venir avec mes 360 os, mes 640 muscles, mes 84 000 pores, mes 150 000 cheveux, mes deux millions de globules rouges à la seconde, les 100 000 milliards de bactéries des 5 mètres de mon intestin...
Pour faire un peu de place, je vais laisser quelques nerfs sensitifs à la maison, et sans doute n'ai-je pas besoin d'emporter ce soir la totalité de mes 14 milliards de neurones. Quoi qu'il en soit, pourvu que tout cela reste bien rassemblé, surtout au moment de passer à table.

lundi 31 mai 2010

authentique tremblement de l'être

Un moine zen, son noviciat achevé, s'installa dans un petit temple au flanc de la montagne. Il accueillit bientôt un jeune homme pauvre qui désirait entrer dans la Voie. Il l'enseignait de son mieux.
Or, en ces temps-là survint un tremblement de terre. Quand il cessa, le moine commenta l'événement, qui avait effrayé même les oiseaux.
"Tu as observé, dit-il à son disciple, comment l'on doit se comporter dans une circonstance exceptionnelle ? Dès les premières secousses, je t'ai emmené dans la cuisine, la partie la plus solide du temple. Le temple s'est écroulé à moitié, mais nous avons survécu. À aucun moment je n'ai perdu mon sang-froid. Je n'ai eu qu'une faiblesse, au demeurant bien légère... j'ai avalé un grand verre d'eau... Bref, voilà un exemple de la conduite qui doit être celle d'un authentique moine zen. As-tu compris ?
— Oui, Maître, fit le disciple, mais ce n'était pas un verre d'eau, c'était un grand verre de sauce de soja !"

Humour zen, rassemblé par Henri Brunel. Calman Lévy.

lundi 29 mars 2010

scier la vieille branche sur laquelle on est assis

Les gorilles pourraient avoir disparu d'ici une quinzaine d'années si rien n'est fait pour les protéger du braconnage et du trafic illégal, et pour enrayer la dégradation de leur habitat. (Le Monde du 26 mars 2010). Difficile de tordre le coup à cette réalité-là par une pirouette poétique ou drôlatique, en mélangeant les mots, pouf pouf, on recommence. À tant d'autres réalités, également, mais je ne sais pourquoi, cette disparition de nos cousins sent le roussi pour nous. La minute n'est plus à la rigolade, ni à la rigoletterie (joli mot déposé dans un commentaire sur ce blog). Demain, peut-être, on rira encore.

jeudi 18 mars 2010

tout cela bruisse infiniment

C’est ainsi que l'homme vivait aux temps de la médecine antique, les tripes à l'air, brassé par des humeurs, relié aux quatre éléments de l’air, de la terre, de l’eau et du feu, entouré de mots et de phrases, comme en témoigne ce document photographique de l’époque. Comme ce devait être bon d’être homme à cette époque ! On devait se sentir des choses universelles dans le ventre, du soleil dans le cœur, de l’air dans les poumons, et un peu de bonne terre au fond de l’âme.