
------------------------ un jour en haut, un jour en bas, le reste du temps au milieu -----------------------
Tiré d'un fait divers, Nagasaki relate l'histoire d'un homme qui subodore que quelqu'un vit à son insu dans son domicile. Shimura-san installe une caméra de surveillance et découvre qu'il s'agit d'une femme. Il appelle alors la police...
Ce qui est réjouissant avec Internet, c’est la découverte de toutes ces expressions individuelles, cette farfouille des singularités, ouverte aux quatre vents. Au détour d’un chemin, on tombe sur un blog qui surprend, certains donnent à rêver, et d’autres à penser. On se rend compte que finalement chacun tricote pas mal dans son coin, qu’on ne demande qu’à vivre un peu plus poétiquement que la télé le laisse à penser, que l'envie nous tarabuste de combiner ensemble des bobinettes pour qu’un jour, enfin, la chevillette cherra.
Le blog est pour moi en position cavalière entre les deux chaises de l'affichage public et de l'expression privée, et à chaque instant qui suit l'appui du bouton "commentaire" je me trouve buridaner entre les deux mondes... Combien cette réflexion d'un ami est juste. Il nous invite à revisiter le paradoxe de l'âne de Buridan, concocté par Jean, en portrait ci à côté, au début du XIVe siècle. L'âne meurt de ne savoir se décider entre le picotin et le seau d'eau entre lesquels il est placé. Il n'a pas suivi le stage gestion des émotions, qui a été inventé pour les ânes bien ultérieurement. Ce qu'il faut à mon avis c'est, soit créer une dynamique entre les deux pôles (un coup de picotin - un coup à boire - un coup de picotin - un coup à boire), soit se les goinfrer tous les deux, en se disant que peut importe l'ordre. Moralité : pourquoi faire des choix quand tout est possible ? Cette histoire d'âne m'a en tout cas redonné de l'élan, et l'occasion de croiser le mot picotin, qui je ne sais pourquoi, me met en joie (mon côté âne sans doute).
Je sens bien que l'élan de départ est un peu retombé, et je constate que je ne tiens pas le rythme d'un billet par jour. Mais quoi, je ne suis pas un distributeur automatique de billets, comme je vous le disais antérieurement ! Et puis, je crois que c'est aussi à cause de cette fichue neige qui stagne sur mon blog, ça a coupé les pattes à l'élan. Y en a qui se disent : quel intérêt un blog si c'est pour voir un élan stagner dans la neige ? Moi je dis : ça mérite réflexion.