vendredi 31 mai 2013

vacances


Parfois, ma tante nous emportait dans sa deux-chevaux jusqu’à sa maison de campagne à Nanteuil-la-fosse (village rebaptisé de manière plus attractive, quelques années plus tard, Nanteuil-la-forêt). Nous passions la journée dans ce tout petit pavillon imprégné d’une tenace odeur de mastic et entouré d’une parcelle de terrain de quelques dizaines de mètres carrés mais qui paraissait vaste car il jouxtait un champ immense, dont malheureusement des barbelés, avant-poste du dieu Tétanos, nous séparaient. Je regardais les vaches, j’attrapais les papillons, je participais aux tâches de jardinage, je faisais semblant de lire en haut de la butte au soleil couchant. Quand nous rentrions le soir, sur la banquette arrière de la deux-chevaux qui donnait l’impression d’être transportée à dos de chameau, je me donnais des airs de reine en exil. 


Extrait d'un texte paru dans le magazine 
L'Actualité Poitou-Charentes,  juillet-août 2013.





2 commentaires:

  1. Quel ravissement. La suite, la suite !

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    1. Merci. Pour la suite il faut attendre l'été, le bel été.

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