jeudi 12 mai 2016

Oh merci !


Le chat a disparu, quelques heures, et cela a suffi à affoler sa maîtresse, car c'était l’heure du thon, celle de la gourmandise savourée à la tombée de la nuit, le rendez-vous jamais manqué ! Or point de Mimmo. Les heures passent, la nuit s’épaissit. Elle fume sur le canapé en consumant de noires idées, et soudain ce bruit dans l'obscurité... le museau rose, et tout le chat noir et blanc arrive en trottinant, bien vivant. Oh merci ! 
A qui dire merci ? De bon matin, elle pense allumer une bougie dans l’église de la rue pavée : il y a là des statues qui veillent et se réchauffent à leurs petites flammes, mais voilà, la porte de l’édifice est fermée — on est prié de ne pas prier si tôt —, elle poursuit sa route avec sa gratitude sous le bras. Comment remercier ? 
Un rouge-gorge la précède et ouvre son chemin. Elle le suit des yeux qui disparaît dans la haute frondaison d’un platane quand soudain, qui la fait sursauter, une voix retentit juste à côté : — Pardon madame…  Elle se retourne, et se présente un homme qui manifestement, au vu de ses vêtements mal en point, est dans la panade. — Vous n’auriez pas quelques centimes pour moi ? De belles pièce brillaient dans son porte-monnaie, qu'elle lui donna sans hésiter. Ainsi la gratitude partagée fut moins lourde à porter.


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